L’édito du mois

29 avril 2018

ÉDITO DU MOIS

AU CŒUR DU MONDE  !

« Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et, en nous, son amour atteint la perfection. » (Jn 4, 12).

Pendant quarante jours après sa résurrection, Jésus apparaît aux disciples pour préparer son départ vers son père et surtout poser les fondations de son Eglise qui se réalisera par la venue de l’Esprit Saint.

Par la Pentecôte, c’est l’éternité qui s’incarne dans notre temporalité en proposant à l’homme des rites, des temps ordinaires pour assimiler notre foi et des temps extraordinaires qui nous font vivre les moments essentiels de notre foi. Nous pourrions considérer ces différents temps comme un cycle revenant au fil des années. Mais il s’agit bien plus d’une dynamique salutaire : elle permet de  cheminer et d’approfondir, à chaque fois que reviennent les temps liturgiques, le mystère de notre vie avec l’espérance de la vie éternelle. Cette vie éternelle répond en permanence aux étapes de notre vie quotidienne grâce au soutien sacramentel.

L’Église nous fait vivre les trois dimensions de la mémoire humaine. Le passé, en faisant mémoire des événements vécus par le Christ ; le présent, en renouvelant à chaque instant le corps du Christ dans son Église, mais aussi le peuple de Dieu qui est son corps ; le futur, en entretenant l’espérance du Royaume qui va venir.

Tandis que la société civile est organisée autour de la norme imposant une hiérarchie  centralisée avec une quantité de personnes pouvant être considérées hors normes, l’Eglise quant à elle s’est organisée depuis son commencement autour de l’ordre, ordonnée à son chef qui est le Christ. Chacun et chacune d’entre nous est appelé à trouver sa place dans l’Eglise car il ne s’agit pas de savoir si nous sommes plus ou moins dans une norme mais d’être ordonnés au Christ à l’exemple de l’audacieuse Sainte Thérèse de l’enfant Jésus : «  Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Eglise et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’AMOUR… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé ! »

L’Eglise peut être aussi comparée à la respiration : elle convoque, inspire, appelle pour vivre la communion, donner force. Elle expire et envoie les hommes en mission ; ainsi l’Eglise pourrait-elle être considérée comme la respiration du monde jusqu’au moment où elle pourra remettre l’Esprit qui marquera le retour du Christ, à la fin des temps.

Le 3ème vendredi après la Pentecôte, le 28 juin, nous fêterons le Sacré Cœur, pour comprendre davantage la dynamique de l’amour à répandre autour de nous… comme un cœur qui
bat ! Le mouvement cardiaque est simple comme la respiration. Le sang venant gonfler la pompe est réoxygéné et ensuite renvoyé pour irriguer tout le corps, toutes les cellules.

Ainsi, il en est de même avec ce long temps ordinaire pour terminer l’année liturgique jusqu’à fin novembre.  Nous sommes invités à vivre cette respiration du cœur pour annoncer au monde notre foi.

Par la Pentecôte, le Royaume de Dieu entre dans la temporalité pour annoncer à chaque homme la joie d’être sauvé.

C’est justement pour cette raison que le mois suivant la Pentecôte est celui des premières communions, professions de foi, confirmations ordinations, mais aussi nombreux mariages. Toutes ces démarches appelant chacun à répandre la bonne nouvelle

Comme le stipule l’office du Vendredi Saint, c’est « par le bois de la croix que la joie est venue dans le monde ». Pourrions-nous affirmer que par l’Eglise, le Royaume ne cesse de venir dans le monde !

 

 

Jean-Baptiste Hibon,

diacre permanent

 

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