Homélies dominicales et des jours festifs

21 décembre 2020

DIMANCHE 17 JANVIER 2021 – HOMELIE DU CURE

Chers paroissiens et chers amis,

Avec la fin du cycle de Noël, amorcé au premier dimanche de l’Avent et bouclé à la solennité du baptême du Seigneur, nous voici au deuxième dimanche du temps ordinaire. Ce qui est ordinaire n’est guère synonyme de banalité. Saint Jean-Paul II affirmait constamment que « la sainteté ne consiste pas à accomplir des œuvres exceptionnelles, mais à vivre de façon extraordinaire des choses ordinaires ». L’Église veut que nous fassions de notre vie ordinaire un temps privilégié pour faire des rencontres de qualité avec Jésus et avec le prochain. C’est dans la quotidienneté de notre existence que pareilles rencontres sont possibles. En ce sens, tout ce qui nous paraît ordinaire (événement, lecture, prière, messe, visite, rencontres fortuites, accueil, dialogue…) devrait être intensément vécu. Dans l’évangile du jour, Jésus demande à deux disciples de Jean-Baptiste qui le suivent : « Que cherchez-vous ? ». C’est à chacun de nous que s’adresse également cette parole d’Évangile. Jésus nous pose directement la même question : « Que cherches-tu ? Cette question nous pousse dans nos derniers retranchements. C’est à chacun de discerner le sens de son cheminement : « Quel est mon désir ? Quelle est mon attente ? »  Mais bien souvent, nous avons du mal à cerner l’aspiration réelle en nous et nous cherchons désespérément ce que notre cœur possède déjà. En effet, dans la deuxième lecture de ce jour, Saint Paul nous rappelle que Dieu habite déjà en nous puisque nous sommes le temple de l’Esprit Saint, qui est en nous et que nous avons reçu de Dieu. Il nous suffit de rentrer dans notre for intérieur pour le rencontrer. Car c’est dans ce sanctuaire intérieur que Dieu nous parle à cœur ouvert. Dès lors, à l’instar de Samuel, disons-lui : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».

DIMANCHE 03 JANVIER 2021 – HOMELIE EN LA FETE DE L’EPIPHANIE

La fête de l’Épiphanie célèbre la manifestation de Dieu au monde ! L’Évangile nous propose un récit assez saisissant : « Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : ‘Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui.’ » (Mt 2:1-2). En effet, les mages venus d’Orient vont à la recherche de cet enfant-roi qui vient de naître. Ils se sont mis en marche tout simplement parce qu’une nouvelle étoile s’est levée. Soudainement, cette étoile avait disparu.
 De tout temps, nombreux sont ceux qui se lancent à la recherche d’un idéal qui donne du sens à la vie. Dans cette quête, personne n’ignore que les points d’ombre seront nombreux sur la route ! Un chemin semé d’embûches où l’obscurité bouche souvent la vue. De même, dans tout parcours de foi, aucun chemin spirituel n’est entièrement lumineux. Il y aura des moments de ferveur mais aussi de doute ! Des instants de grâce et aussi de découragement…Heureusement que les mages ne se sont pas découragés. Ne voyant plus l’étoile qui les guidait, ils font un détour à Jérusalem pour se renseigner auprès des autorités.  C’est là que la prophétie de Michée leur sera dévoilée :  c’est à Bethléem que sortira un chef, qui sera le berger d’Israël.
L’on observe un contraste dans ce récit de l’évangile : il y a d’un côté, les mages qui n’ont pas d’idées préconçues ; ils sont à la recherche du Messie et ils finiront par le trouver. De l’autre, il y a ceux qui savent et qui peuvent citer les Ecritures sans faute, mais qui ne bougeront pas le petit doigt ; ils ne feront même pas le déplacement de Jérusalem à Bethléem. Evidemment, ils ne rencontreront pas l’enfant de la crèche. Ce récit nous apprend qu’il ne suffit pas de savoir la vérité, mais il faut la mettre en pratique. Il ne sert à rien de savoir quel est le chemin, il faut se mettre en chemin, il faut expérimenter ce que l’on croit vrai.
C’est parce que les mages ont décidé de poursuivre leur route après avoir été éclairés par la prophétie de Michée, qu’ils ont fini par trouver le messie. A notre tour, il faut aussi nous laisser guider par la lumière de la parole de Dieu et suivre l’étoile. Des étoiles, il y en a toujours dans notre vie. La Vérité se cache quelquefois derrière les événements les plus simples de la vie. Sa révélation n’est pas forcément une ‘étoile’, mais peut-être une personne rencontrée, un livre qui nous tombe sous la main, un événement qui semble anodin ou une pensée qui nous traverse l’esprit… Le grand message de l’Épiphanie, c’est la rencontre avec Jésus. Bien des voies peuvent nous y aider notamment la parole de Dieu. Tâchons de les suivre pour rencontrer le Christ. Cependant, dès que nous rencontrons Jésus, laissons-le devenir la boussole, si pas le GPS de notre vie.
Amen.

Père Michel

 

Dimanche 27 décembre 2020 – Fête de la Sainte Famille

« Veilleur, où en est la nuit ? » clame le héraut.
Deux veilleurs dans le clair-obscur.
Leurs yeux bientôt vont se fermer. La nuit prendra-t-elle le dessus ?

Notre modèle social est blessé, la pandémie lui aurait-elle donné le coup de grâce ?
Notre Eglise semble s’éteindre lentement, comme un vieillard dont le souffle ralentit de jour en jour.
Faut-il pour autant se lamenter ? Ce n’est pas la fin DU monde, c’est seulement la fin D’UN monde.

« Veilleur, où en est la nuit ? » (Isaïe 21,11)
Elle est là … elle n’est pas ténèbres, mais promesse d’aurore.
Oser regarder la désolation afin d’être mûrs pour l’espérance.

Deux anciens, Anne et Syméon, veillent.
Riches de leur longue expérience humaine, pétris par la Parole, ils sont guetteurs d’espérance.
Comme les vigies d’un navire, ils seront les premiers à voir la terre promise : « mes yeux ont vu le salut », se réjouit Syméon.

Deux guetteurs dans le clair-obscur, qui espèrent « la lumière des nations ».
Leur regard usé à force de scruter le jour et son lendemain se pose sur le visage lumineux d’un enfant.
A Noël, la promesse de Dieu a pris visage humain, celui de Jésus.

Notre monde a besoin de veilleurs, de sentinelles d’espérance.
Qui ne se résignent pas aux ténèbres, car ils ont au fond d’eux-mêmes suffisamment de lumière pour croire à la naissance d’une nouveau matin.
Qui posent des gestes d’amour appelés à devenir autant d’actes d’éternité.

* Méditation de l’Evangile de la présentation de Jésus au Temple de Jérusalem (Luc 2,22-40) – Fête de la Sainte Famille
Texte rédigé par un ami.
Belle semaine à tous.

 

20 décembre 2020

Une ado de 14 ans pleine de Vie… Rien de plus, rien de moins ! Et tout devient possible … Aujourd’hui, Marie a laissé ses vêtements dans la garde-robe … Ce matin, cette jeune ado ne porte ni sa veste de l’Immaculée, ni son top de l’Auxiliatrice, ni son brushing de Fatima ou de Guadaloupe, ni son lissage de Reine de la Paix, ni son maquillage de Notre-Dame des Douleurs … Tous ces titres restent bien pliés dans le silence du dressing. Elle est nue devant le miroir … Elle se regarde et se demande encore ce qui lui arrive … Une Vie est en train de naître en elle … Comme tout ado, elle sent cette sève de Vie monter et circuler en elle … Et quelle Vie !!!
D’un point de vue étymologique, « adolescence » vient du mot latin « adolescere » qui signifie « grandir vers » … Tiens donc … Se laisser traverser par la Vie pour continuer ce processus de croissance comme le petit grain de moutarde sans se croire déjà arrivé et s’installer. Face à toutes ces transformations corporelles, cognitives, sexuelles et sociales, quelle est cette identité qui se découvre ? 
« Salut, Comblée de grâces ! » Comment cette jeune a-t-elle pu laisser ouvrir son coeur de telle sorte que Dieu a pu le remplir de tant de grâces ? Comment a-t-elle pu se laisser transfigurer à ce point par l’amour de Dieu ?  Comme Marie, soyons tout rayonnants de l’amour de Dieu… Comme l’Ange, posons notre regard sur tous les jeunes de nos familles, de notre quartier et des médias et soyons pour eux comme des messagers de ce Dieu qui voie toute la sève de vie qui circule en eux, tous leurs rêves de jeunesse. Continuons à les appeler à la vie. Ne sont-ils pas eux aussi, « comblés de grâces » ?! Ne sont-ils pas eux aussi, comme Marie, porteur d’un élan, d’une énergie de vie débordante ? Souvent seuls, nus devant leur miroir, à la recherche de leur identité… freinés aujourd’hui par toutes ces mesures sanitaires, souvent éloignés de nos rendez-vous liturgiques ou institutionnels où tout se décide. Marie, après cet épisode de l’Annonciation, a été lynchée par tous les gens bien-pensants de son quartier… perçue comme une ado rebelle comme tous les autres … Et pourtant, elle portait en elle le Sauveur, elle disait chaque jour ce Oui inconditionnel à la vie, et à la vie en abondance. Plutôt que de faire le buzz sur les réseaux sociaux, elle préférait méditer tout cela dans son cœur, même si cela pouvait sembler une fake news aux yeux du monde. Elle avait fait cette expérience vraie, unique, indélébile : « Le Seigneur est avec moi ». Or, cet Esprit-Saint n’est pas venu que sur Marie, mais il habite le cœur de chacun, et en particulier le cœur des jeunes qui viennent nous déstabiliser, nous sortir de nos enfermements. Car l’ « enfer-mement » est le contraire de l’adolescence, qui suppose des échanges avec les amis, avec d’autres adultes que leurs parents, avec le monde.
Regardons cette « Génération Covid » qui s’engage, qui agit dans les associations ou dans les lieux de soins, qui invente de nouvelles formes de vie et pas seulement de survie. Ils disent comme Marie : « Nous sommes le Présent et l’Avenir ». Ecoutons-les et permettons-leur d’occuper toute leur place.
Comme le mot « adolescent », le mot « Avent » commence par la même particule « ad » … « adventus ». « Qu’il advienne selon ta Parole ! » … « Advienne que pourra ». Qu’adviennent encore ces dialogues qui annoncent la Vie … entre jeunes et autres messagers de Dieu. A quelques jours de Noël, avec tous les ados débordants de vie, faisons advenir le monde de tous les possibles. Comme Marie, ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait … Car rien n’est impossible à Dieu !
 
Xavier ERNST, sdb
 

13 décembre 2020

Jean, 1, 6-8.19-28.

I – Témoin de la Lumière

L’évangile de ce jour semble avoir intentionnellement uni deux passages du début de l’évangile de saint Jean. Ainsi le témoignage de Jean-Baptiste est situé sur un registre qui lui donne une couleur particulière. Jean-Baptiste est le témoin de la Lumière.

Celui dont il annonce la venue en préparant ses voies – comme l’a écrit Isaïe : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert » – porte en lui quelque chose d’unique, de divin. Il est la Lumière née de la Lumière comme le dit si bien le Symbole de Nicée-Constantinople que je cite : « Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu ».

Il ne faut pas restreindre ce terme de « Lumière » ici à une invitation morale, un motif d’action ou une inspiration dans les choix. La « Lumière » dont parle saint Jean ici est à l’origine du monde, elle est Dieu lui-même qui s’est manifesté en Jésus, le Fils unique de Dieu qui s’est fait homme, qui s’est incarné.

Cette présentation de Jean-Baptiste qui « est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui » reflète la foi des premières communautés chrétiennes et la nôtre. Jean-Baptiste a entrevu la réalité du salut se réalisant en Jésus. Nous recevons son témoignage confirmé par celui des apôtres après la résurrection qui proclament « Jésus est Seigneur » et nous affirmons aujourd’hui notre foi en celui qui est la « Lumière du monde ». Jean-Baptiste en est le témoin privilégié.

II – Jean-Baptiste le Précurseur

C’est pour cette raison qu’on lui a donné à juste titre le surnom de « Précurseur ». Son attitude est bien décrite lorsqu’il dit qu’il n’est pas digne de délier la courroie de la chaussure de Celui qui vient : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale ».

L’attitude de Jean-Baptiste se caractérise par l’accueil et l’ouverture. Il précède – c’est ce que veut dire le mot « Précurseur » – Celui qui doit venir. Il invite à se débarrasser de ce qui empêcherait un accueil bienvenu et chaleureux. « Redressez le chemin du Seigneur » proclame-t-il. Concrètement notre réponse à son appel pourrait cette année se traduire durant le temps de l’Avent par une démarche de pénitence en allant recevoir le Sacrement de la Réconciliation. Malgré la pandémie de la Covid-19 plusieurs paroisses offrent un accès au Sacrement de la Réconciliation avec les précautions sanitaires appropriées. Vous ne regretterez pas d’avoir fait la démarche de la Réconciliation, du Pardon.

Le mouvement de préparation à Noël amène à sortir de nous-mêmes pour accueillir le Tout Autre qui s’incarne en Jésus. L’accès à la Lumière commence en sachant reconnaître le Don de Dieu dans l’Enfant de la crèche dont nous célébrerons la naissance à Noël. Dieu se fait l’un de nous. Le Verbe se fait chair, dira saint Jean.

III – Application

Dans le temps de l’Avent cherchons à renouveler notre foi et notre attente de la vraie Lumière. Nous la voulons présente en nous et dans toute notre vie, mais nous savons que ce n’est pas nous qui apportons la Lumière. Nous recevons les rayons de cette Lumière à travers Jésus.

Ce rayonnement de la Lumière de Dieu est présent dans le monde. Nous ne le voyons pas toujours, mais il est là. Croyons-le. L’Esprit de Dieu est toujours à l’œuvre. Comme Jean-Baptiste nous sommes invités à rendre témoignage à la lumière : « Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. »

Je souhaite que nous devenions tous des Jean-Baptiste dans le monde d’aujourd’hui. Amen !


6 décembre 2020

Tout commence (v1). Tout commence dans le désert (v 3 et 4) Le désert, une étendue indéfinie. Une incertitude. Une inquiétude. Inquiétude : un manque intérieur, de paix une absence de « quies », de quiétude. Pas de chemin, pas de repères, pas de but, des projets caducs, tout semble perdu.Il y a plein de choses dans le désert, mais pas de sens, pas de vie, pas d’espoirs, pas de joie. Le désert, une étendue en attente. Mais en attente de quoi ? De rien ? Rien ne se décide, rien de stable, tout est indécis. C’est l’errance. Et dans le désert, surtout la nuit, ça crie. Et ça, on ne sait pas trop ce que c’est. Ça crie surtout dans les têtes, dans les cœurs, dans les relations. Ça crie partout. Pas seulement les bêtes sauvages. L’homme aussi. Moi aussi. Quand on est perdu, on crie. Tout commence avec un cri. C’est ce cri qu’il faut entendre, dans le désert. Et déceler alors parmi tous ces cris une voix, une voix qui appelle. Alors je marche vers quelqu’un. Je marche : je trace un chemin. Préparez le chemin du Seigneur. C’est en moi que je trace ce chemin. Le chemin par lequel le Seigneur vient est aussi le chemin par lequel je vais vers le Seigneur. Un chemin intérieur. Je vais et il vient. La rencontre aura lieu. Si j’écoute bien la voix qui m’appelle. Ce chemin c’est en moi que je le trace. Dans mon désert. C’est là où tout commence.
Bon dimanche.
De nos déserts nous écoutons la Voix et que nous trouvions Le Chemin du Jourdain où jaillissent l’Eau et l’Esprit qui donnent la Vie.

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