L’édito du mois

30 mars 2018

ÉDITO DU MOIS

La Prière d’un « Sans-papiers  »

Chers amis de notre ensemble paroissial, qu’il me soit permis de vous adresser ici mes salutations cordiales et mes vœux les meilleurs à l’occasion de ces festivités pascales. Le Christ ressuscité nous appelle à devenir ses missionnaires dans l’aujourd’hui. Il nous associe à sa vie et devient pour nous, gage de l’espérance et source de vie nouvelle.

Mais cette vie nouvelle, qui transfigure notre existence et inonde de joie nos cœurs, est aussi une énergie puissante qui nous enracine dans la charité et nous engage dans la société pour plus de justice et d’égalité. La lumière de la Résurrection ne doit pas nous éblouir simplement. Elle doit surtout nous éclairer, nous permettre d’élargir notre champ audio-visuel pour “ voir et entendre ” autour de nous les cris du plus pauvre, du plus faible et vulnérable, des sans paroles, des exclus et des laissés-pour-compte. Aujourd’hui comme chrétiens, disciples de celui-là même qui a donné sa vie pour les autres, nous ne pouvons pas ne pas nous laisser bousculer par des situations de détresse que vivent nos frères et sœurs immigrés qui arrivent en Europe pour chercher sécurité et paix. Rappelons-nous que la fête de Pâques actualise dans nos vies, la Résurrection du Christ offrant sa propre vie par amour pour tous les hommes sans distinction de races, ni de langues ou nationalités.

Pendant la Semaine Sainte, nous avons eu l’occasion de méditer sur le chemin de croix du Christ. Et j’ai été particulièrement touché par la compassion que tous les chrétiens manifestent à l’endroit du Christ livré à la violence, l’injustice, les atrocités, les moqueries, la trahison, le rejet… Mais en même temps, ce chemin de croix de notre Seigneur me faisait penser, de manière symétrique, au chemin de croix que vivent des nombreux immigrés qui arrivent chez nous. Frères et sœurs, à travers, le désert, la mer, les intempéries et dangers de tous genres, c’est un véritable calvaire qu’ils vivent et en arrivant chez nous, ils aspirent, eux aussi, à un peu de résurrection, un peu de vie nouvelle…

En tant que chrétiens, il nous devient impossible de penser au chemin de croix du Christ sans penser à celui des hommes et femmes de notre temps. En Luc 23-28, le Christ est surprenant et choquant. Devant les femmes toutes compatissantes de sa souffrance, le Christ est sans complaisance : “ Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous et sur vos enfants ” ! Je pense qu’aujourd’hui encore, le Christ nous aurait répété les mêmes paroles : ne compatissez pas à ma souffrance mais à celles des hommes, femmes et enfants qui souffrent autour de vous ! Compatissez à la souffrance des immigrés, des sans abris…

Pour clore mon propos, voici en 12 mots, ce que demande un “ sans- papiers “ à Dieu dans sa prière : accueil, tolérance, compréhension, paix, solidarité, reconnaissance, justice, partage, compassion, fraternité, sécurité, joie.

Que notre joie pascale soit contagieuse !

Père José Antonio Martinez, sdb

 

 

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