L’édito du mois

26 décembre 2017

ÉDITO DU MOIS

Vivre le Carême comme un chemin de reconnaissance

Évoquer le chemin, c’est appeler  à “ sortir ” de chez soi pour “ ouvrir ” son regard vers celui, celle, ceux que nous ne connaissons pas encore.

Ouvrir la porte… Sortir… Consentir à la découverte et la rencontre.

Dessiner un chemin, c’est se mettre en marche, avec et vers l’autre, au pas lent, et parfois pesant, du quotidien, avec la patience qui s’imposent et l’espérance qui relève le défi, dans l’au-delà de toutes les pesanteurs.

Être en chemin… Être en avenir… Être en devenir… Et, dans la croisée de nos différences, tisser les liens d’une terre solidaire.

Il a dit : “ je suis le chemin. ” Je suis venu partager votre humanité, l’humanité  des chercheurs, de ceux qui marchent sans toujours savoir où les conduit la vie… de ceux qui regardent au loin et de ceux qui ne parviennent plus à relever la tête… De ce qui sont “ sortis ”, contraint à l’exil ou libre de partir à la recherche d’une terre d’espérance.

Il a dit : « je suis le chemin est la vérité. » Un chemin qui libère les capacités, les initiatives, les talents et les promesses inscrites en tout homme, en tout enfant, en tous peuple et dans tous les peuples…

Il a dit : “ je suis le chemin et la vérité et la vie. ” Un chemin qui rend libre parce qu’il est un chemin intérieur que nous pouvons faire, avec Lui ensemble : de l’approche au partage et du partage à l’amour. La vie, c’est la marche qui donne sens à notre chemin, c’est la reconnaissance : aimé et se savoir aimé.

Vivre le Carême comme un chemin pour devenir un peu plus de marcheurs touché par la beauté de la Création qui nous est confiée… par sa fragilité aussi… Soucieux de prendre soin de celles et ceux qui sont sur le bord du chemin… Touchés par la vérité qui libère et relève.

Prière, jeûne et partage : chemin, vérité et vie, nous avons reçu pour apprendre à donner ; nous ne pouvons donner que ce que nous avons nous-mêmes reçu ; nous ne pouvons pas ne pas donner à ceux qui espèrent. Le chemin du Carême et celui de la rencontre et  de la réciprocité.

Devant nous, le Christ, le Fils  relevé au matin de Pâques est devenu l’horizon de notre humanité. C’est lui qui tisse entre nous les liens de la solidarité.

Que ce temps du Carême déploie en chacun et entre nous les conditions d’un développement humain et intégral, c’est-à-dire solidaire, Pacifique et confiant.

Avec nos différences, tissons ensemble une terre solidaire.

Père Bruno Marie DUFFÉ,

secrétaire du dicastère de l’Église pour le développement humain et intégral du Vatican,

ancien Aumônier du CCFD – terres solidaires

(extrait de Vivre le Carême 2018 revue du CCDF-Terre solidaire)

 

 

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