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29 Avr 2018
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L’édito du mois

ÉDITO DU MOIS

Mission et sainteté.

La mission est un chemin de bonheur qui me rend heureux en rendant les autres heureux car, fondamentalement, notre vocation est une mission à l’amour – aimer et être aimé – qui conduit au bonheur. Pour les chrétiens, la mission est un impératif lié au baptême, à la profession religieuse et/ou à l’ordination et conduit à la sainteté comme l’idéal élevé d’une vie de service des autres. Les baptisés ont vocation à suivre le Christ en disciples missionnaires selon différents chemins et différents états de vie. Cependant, notre vocation fondamentale est une mission à l’amour et au bonheur

Jean-Paul II nous a rappelé que l’amour est la vocation/mission fondamentale et profonde de chaque être humain. On pourrait dire que c’est une manière de voir la vie, de la recevoir, de la donner, parce que notre vie est faite pour la vie, pour l’amour, pour porter du fruit. Comme chrétien, on va réaliser finalement que notre vocation est une vocation à la sainteté.

La mission est une grande aventure

La mission n’est pas un concept, mais d’abord et avant tout un chemin de vie pour soi et pour les autres. A travers la mission, nous sommes appelés à être, à vivre, à grandir, à aimer et servir dans l’amour avec les autres et pour les autres. C’est notre vocation fondamentale. Ce qui est premier, c’est notre vocation à la vie pour grandir en humanité. Mais, comme chrétiens, nous savons que le chemin vers la vie en plénitude à la suite du Christ est un chemin d’offrande en forme de traversée pascale, de passage par la Passion pour entrer dans la lumière de la Résurrection.

La mission est assurément une grande aventure, qui va se déployer sur toute la durée de la vie. On peut dire beaucoup de choses sur la vocation mais, au final, c’est quand même un mystère, qui nous fera cheminer tout au long de notre vie, en traçant notre propre route, à l’écoute de Dieu et des autres. La mission est un peu comme une œuvre d’art : un chemin à inventer avec Dieu à partir de la réalité concrète de nos vies. Toute mission est une incarnation, c’est-à-dire, donner corps au Christ là où il n’existe pas encore comme Marie qui le donna au monde.

Vivre en recevant la vie comme une mission et en discernant sa vocation nous fait avancer toujours plus au large et plus profond, au-delà de nos images premières. C’est une manière de vivre en réponse à un appel qui nous précède, que l’on reçoit de Dieu et que l’on va essayer de discerner et de traduire concrètement dans des choix, dans une manière de vivre concrète qui est une aventure humaine et spirituelle : c’est l’aventure de la vie, de la liberté, de l’amour. Finalement l’aventure de la vie plus grande.

La mission est aussi de l’ordre d’une œuvre d’art, qui est à inventer avec Dieu

Dieu nous crée créateurs à son image : il n’a pas écrit notre vie à l’avance, ce qui ferait de nous des marionnettes. La mission comme aussi notre vocation, c’est vivre sa vie avec Dieu en l’inventant avec lui. C’est bien de l’ordre d’une œuvre d’art, en sachant que l’on ne part pas de rien : je suis né à tel endroit, je suis construit de telle manière, mais je désire construire ma vie avec Dieu en me laissant convertir et donc poser mes choix en me laissant conduire par l’Esprit et non par mes désirs superficiels qui étouffent mon désir profond. La mission nous rend libres, toujours plus créatifs et nous humanise. Voilà pourquoi nous devons refuser une identification en un modèle unique du vécu de notre unique charisme ou de notre mission. Il nous faut favoriser l’unité dans la diversité dans le Saint Esprit.

La mission nous conduit à trouver notre place et notre joie en répondant aux besoins du monde. Toute mission est manière de s’incarner dans une réalité pour vivre notre pèlerinage sur terre avec les autres et pour les autres.

La vocation conduit à la liberté, l’unification, l’amour, la vie, la mission et surtout vers les autres

Une mission, c’est le lieu où Dieu t’appelle pour que ta plus grande joie y rejoigne la plus grande faim du monde. Quelque part, la mission est l’endroit où notre joie la plus profonde répond aux besoins les plus criants du monde. C’est la rencontre entre le cri, la souffrance du monde qui va me toucher, moi, et me faire entrer dans une joie profonde d’y répondre avec foi, espérance et charité. Pour cela, il faut être à l’écoute de Dieu et des autres pour discerner sa vocation. C’est pour cela que, pour mieux accomplir la mission, il est très important d’être à l’écoute de Dieu, de sa Parole, dans la prière, dans les sacrements. Cela passe toujours par l’écoute  de la Parole en la confrontant aux mouvements et aux cris du monde.

La mission est en résumé une manière de voir la vie et de répondre à l’appel de Dieu

Finalement, vivre sa vie comme une mission, c’est une herméneutique de la vie, c’est-à-dire que c’est une manière de voir la vie, de se comprendre en Dieu, et d’agir en réponse à un appel dans une attitude de don suscitée par la reconnaissance et la gratitude. C’est donc aussi une manière de se comprendre comme un sujet, une personne convoquée, appelée à répondre à un Autre, quelle que soit la réponse.
Qu’est-ce finalement que trouver sa vocation ? C’est une manière de chercher et de trouver sa place dans l’Église et dans la société.

 

 

 

Charles MWANDUNDU

Salésien de Don Bosco

 

08 Fév 2017
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Carême

Message du pape pour le Carême 2017 Radio Vatican

 Voici le message du Pape François pour le Carême 2017, qui s’ouvrira le 1er mars avec la célébration du Mercredi des Cendres. Ce texte, axé sur la parabole de Lazare et de l’homme riche dans l’Évangile de Luc, a été rendu public par le Vatican ce mardi 7 février.

«Chers Frères et Sœurs,

Le Carême est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre : la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort. Et ce temps nous adresse toujours un appel pressant à la conversion : le chrétien est appelé à revenir à Dieu «de tout son cœur» (Jl 2,12) pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais, car même lorsque nous péchons, il attend patiemment  notre retour à Lui et, par cette attente, il manifeste sa volonté de pardon (cf. Homélie du 8 janvier 2016).

Le Carême est le moment favorable pour intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Église nous offre: le jeûne, la prière et l’aumône. A la base de tout il y a la Parole de Dieu, que nous sommes invités à écouter et à méditer avec davantage d’assiduité en cette période. Je voudrais ici m’arrêter en particulier sur la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (cf. Lc 16,19-31). Laissons-nous inspirer par ce récit si important qui, en nous exhortant à une conversion sincère, nous offre la clé pour comprendre comment agir afin d’atteindre le vrai bonheur et la vie éternelle.

L’autre est un don

La parabole commence avec la présentation des deux personnages principaux ; cependant le pauvre y est décrit de façon plus détaillée : il se trouve dans une situation désespérée et n’a pas la force de se relever, il gît devant la porte du riche et mange les miettes qui tombent de sa table, son corps est couvert de plaies que les chiens viennent lécher (cf. vv. 20-21). C’est donc un tableau sombre, et l’homme est avili et humilié.

La scène apparaît encore plus dramatique si l’on considère que le pauvre s’appelle Lazare : un nom chargé de promesses, qui signifie littéralement «Dieu vient en aide». Ainsi ce personnage ne reste pas anonyme mais il possède des traits bien précis ; il se présente comme un individu avec son histoire personnelle. Bien qu’il soit comme invisible aux yeux du riche, il nous apparaît connu et presque familier, il devient un visage; et, comme tel, un don, une richesse inestimable, un être voulu, aimé, dont Dieu se souvient, même si sa condition concrète est celle d’un déchet humain (cf. Homélie du 8 janvier 2016).

Lazare nous apprend que l’autre est un don. La relation juste envers les personnes consiste à reconnaître avec gratitude leur valeur. Ainsi le pauvre devant la porte du riche ne représente pas un obstacle gênant mais un appel à nous convertir et à changer de vie. La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible. Mais pour pouvoir le faire il est nécessaire de prendre au sérieux également ce que nous révèle l’Évangile au sujet de l’homme riche.

Le péché nous rend aveugles

La parabole met cruellement en évidence les contradictions où se trouve le riche (cf. v. 19). Ce personnage, contrairement au pauvre Lazare, ne possède pas de nom, il est seulement qualifié de “riche”. Son opulence se manifeste dans son habillement qui est exagérément luxueux. La pourpre en effet était très précieuse, plus que l’argent ou l’or, c’est pourquoi elle était réservée aux divinités (cf. Jr 10,9) et aux rois (cf. Jg 8,26). La toile de lin fin contribuait à donner à l’allure un caractère quasi sacré. Bref la richesse de cet homme est excessive d’autant plus qu’elle est exhibée tous les jours, de façon habituelle: «Il faisait chaque jour brillante chère» (v.19). On aperçoit en lui, de manière dramatique, la corruption du péché qui se manifeste en trois moments successifs: l’amour de l’argent, la vanité et l’orgueil (cf. Homélie du 20 septembre 2013).

Selon l’apôtre Paul, «la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent» (1 Tm 6,10). Il est la cause principale de la corruption et la source de jalousies, litiges et soupçons. L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 55). Au lieu d’être un instrument à notre service pour réaliser le bien et exercer la solidarité envers les autres, l’argent peut nous rendre esclaves, ainsi que le monde entier, d’une logique égoïste qui ne laisse aucune place à l’amour et fait obstacle à la paix.

La parabole nous montre ensuite que la cupidité rend le riche vaniteux. Sa personnalité se réalise dans les apparences, dans le fait de montrer aux autres ce que lui peut se permettre. Mais l’apparence masque le vide intérieur. Sa vie reste prisonnière de l’extériorité, de la dimension la plus superficielle et éphémère de l’existence (cf. ibid., n. 62).

Le niveau le plus bas de cette déchéance morale est l’orgueil. L’homme riche s’habille comme un roi, il singe l’allure d’un dieu, oubliant d’être simplement un mortel. Pour l’homme corrompu par l’amour des richesses, il n’existe que le propre moi et c’est la raison pour laquelle les personnes qui l’entourent ne sont pas l’objet de son regard. Le fruit de l’attachement à l’argent est donc une sorte de cécité : le riche ne voit pas le pauvre qui est affamé, couvert de plaies et prostré dans son humiliation.

En regardant ce personnage, on comprend pourquoi l’Évangile est aussi ferme dans sa condamnation de l’amour de l’argent : «Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent» (Mt 6,24).

La Parole est un don

L’évangile du riche et du pauvre Lazare nous aide à bien nous préparer à Pâques qui s’approche. La liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à vivre une expérience semblable à celle que fait le riche d’une façon extrêmement dramatique. Le prêtre, en imposant les cendres sur la tête, répète ces paroles : «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière». Le riche et le pauvre, en effet, meurent tous les deux et la partie la plus longue du récit de la parabole se passe dans l’au-delà. Les deux personnages découvrent subitement que «nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pourrons rien emporter» (1 Tm 6,7).

Notre regard aussi se tourne vers l’au-delà, où le riche dialogue avec Abraham qu’il appelle «Père» (Lc 16, 24 ; 27) montrant qu’il fait partie du peuple de Dieu. Ce détail rend sa vie encore plus contradictoire car, jusqu’à présent, rien n’avait été dit sur sa relation à Dieu. En effet dans sa vie, il n’y avait pas de place pour Dieu, puisqu’il était lui-même son propre dieu.

Ce n’est que dans les tourments de l’au-delà que le riche reconnaît Lazare et il voudrait bien que le pauvre allège ses souffrances avec un peu d’eau. Les gestes demandés à Lazare sont semblables à ceux que le riche aurait pu accomplir et qu’il n’a jamais réalisés. Abraham néanmoins lui explique que «tu as reçu tes biens pendant ta vie et Lazare pareillement ses maux; maintenant ici il est consolé et toi tu es tourmenté» (v.25). L’au-delà rétablit une certaine équité et les maux de la vie sont compensés par le bien.

La parabole acquiert une dimension plus large et délivre ainsi un message pour tous les chrétiens. En effet le riche, qui a des frères encore en vie, demande à Abraham d’envoyer Lazare les avertir ; mais Abraham répond : «ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent» (v. 29). Et devant l’objection formulée par le riche, il ajoute : «Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus» (v.31).

Ainsi se manifeste le vrai problème du riche : la racine de ses maux réside dans le fait de ne pas écouter la Parole de Dieu ; ceci l’a amené à ne plus aimer Dieu et donc à mépriser le prochain. La Parole de Dieu est une force vivante, capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. Fermer son cœur au don de Dieu qui nous parle a pour conséquence la fermeture de notre cœur au don du frère.

Chers frères et sœurs, le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui – au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur – nous montre le chemin à suivre. Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. J’encourage tous les fidèles à manifester ce renouvellement spirituel en participant également aux campagnes de Carême promues par de nombreux organismes ecclésiaux visant à faire grandir la culture de la rencontre au sein de l’unique famille humaine. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale.

Du Vatican, le 18 octobre 2016

 

05 Oct 2016
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